Balade urbaine : Camille dans les pas des anciens cheminots !



Une histoire


Camille vient de signer son contrat. Il entre dans la « grande maison » comme disait son grand-père.

Le hasard des affectations fait que pour son premier poste, il est nommé à la gare de Lyon. C’est là, dans ces emprises ferroviaires du 12è arrondissement que son père Gilles et son grand-père Philippe avant lui ont fait carrière.

Aujourd’hui, il vient prendre ses marques avant son premier service, prévu le lendemain.

Il a du temps pour se balader dans le quartier.

Il demande à ses nouveaux collègues où il pourrait boire un verre. On lui indique un passage vers un lieu à la mode, Ground Control



Camille arrive devant une grille, derrière se trouve un grand bâtiment. Il ne s’attendait pas du tout à ça. Il imaginait un bar classique, pas un immense hangar. Ce lieu l’intrigue et l’attire sans qu’il ne sache pourquoi.

Il entre, commande un verre et demande ce que c’est que ce lieu. Le serveur ne sait pas trop et lui montre un flyer avec un QR code. Il lui dit qu’une association, Rails & histoire, a fait un podcast qui raconte l’histoire du lieu.

Machinalement, il scanne et commence à écouter l’histoire de l’ancien dépôt du Charolais



L’ancien dépôt du Charolais ! Ses yeux s’illuminent, il a tellement entendu parler de ce lieu ! Il peut même dire qu'il a bercé son enfance.

C’est ici que son père et son grand-père ont travaillé, toute leur vie.


Question 1 : En quelle année le dépôt du Charolais a-t-il fermé ?




Camille sort, il passe par le parking, mais au lieu de repartir vers la gare de Lyon, instinctivement il prend à droite et il descend, comme attiré par ce grand portail.


Arrivé en bas de la rue pavée, il lève les yeux, face à lui la coulée verte. Mais quelque chose d’autre attire son regard, des statues géantes le surplombent.


C’est le commissariat de police, un immeuble de l’architecte Manuel Nuñez Yanowski édifié en 1991. Ces statues, reproductions partielles de L’Esclave mourant de Michel-Ange regardent vers Bastille, vers une ancienne prison bien connue.


Camille se souvient que son père lui racontait qu’en 1995, pendant les grandes grèves, des gars avaient planté un drapeau rouge sur les toits en face du commissariat en pensant à d’autres révolutions…


Question 2 : Combien y a-t-il de statues au-dessus du commissariat ?



Camille descend songeur la rue de Rambouillet et arrive rue Chrétien-de-Troyes.

Décidément le chemin de fer est partout dans le quartier. Le voilà devant un centre SNCF qui héberge différents services dont le Centre régional des opérations (CRO) de la Région SNCF Paris-Sud-Est et le Poste d'Aiguillage et de Régulation (PAR) de la ligne à grande vitesse (LGV) Sud -Est, c'est-à-dire Paris-Lyon.


Ce bâtiment porte le nom d’un célèbre ingénieur polytechnicien français, né le 13 juin 1895 à Rambervillers et mort assassiné en mai 1942 à Auschwitz. Il fut révoqué car juif, interné puis déporté.


Question 3 : Quel est le nom de cet homme ?


Bonus : Trouver sur l’une des façades du bâtiment l’ancien logo de la SNCF. Prendre une photo et la partager sur les réseaux en mentionnant Rails & histoire.




Camille se repose quelques instants dans le square Philippe Farine. De son banc, il aperçoit une affiche sur un certain Maurice Denis. Un peintre dont il n’a jamais entendu parler.


Il lit le texte et découvre que le père de celui-ci était employé des chemins de fer. Le monde est décidément petit.


Maurice Denis a peint quelques tableaux rappelant cet univers ferroviaire :

- A la fenêtre du train, 1890

- Le pont garde-voie, 1914


Question 4 : Ce peintre normand né en 1870 et mort en 1943, aura connu trois grandes guerres. Mais que faisait-il pendant la Première Guerre mondiale ?




La rue Maurice Denis est là, Camille l’emprunte, puis prend à droite face à une mutuelle qui porte bien son nom.




Le voilà de nouveau face à la coulée verte. Tranquillement, il se dirige vers elle. Il se prend à rêver que peut-être son père ou son grand-père empruntait ce chemin. Il marche dans les pas de ceux qui lui ont donné la passion du chemin de fer.

Il traverse l'avenue Daumesnil, longe vers la droite le viaduc des Arts, emprunte le passage Hennel, se trouve nez à nez avec Pierre Henry (dont les archives sont toutes proches).

Il monte le grand escalier, doit affronter du regard la révolte et l’amour et enfin il atteint ce bel écrin de verdure, fruit du travail de Philippe Mathieux et de Jacques Vergely, respectivement architecte et paysagiste qui eurent l’idée de transformer cet espace linéaire en balade au milieu d’une nature verdoyante et diversifiée.


Question 5 : Mais avant de devenir ce havre de paix en 1993, c’était quoi ce lieu ?


Bonus : Si à partir de la coulée verte vous parvenez à refaire la même photo que nous (photo de Camille ci-dessus), partagez la sur les réseaux en mentionnant Rails & histoire.




Il y a un petit attroupement, Camille approche et voit un groupe de jeunes musiciens au-dessus d’un parc de sport déclamer quelque chose.


Il tend l’oreille, une jeune femme explique :

"En 1907, pour le cinquantenaire du PLM le compositeur Jules MASSENET se fend, sans se faire trop prier, d'un petit chef d'œuvre de circonstance, « la Marche PLM ». Il est accompagné d'une orchestration " militaire " et au tempo dit " d'un pas redoublé"."


C’est une œuvre peu connue de Massenet que nous allons maintenant vous interpréter.


Ils jouent et elle chante :


" Unissons-nous, ouvriers et servantes,

Etreignons nos mains, unissons nos âmes ,

et que l'amour du seul bien nous enflamme.

Pour la grande marche : en avant ! En avant !

Oui tous pour la grande marche : en avant ! En avant !

Oui tous pour la grande marche : en avant ! En avant ! »


Mais oui, Camille ne rêve pas, c’est le chant que son grand-père, son père et ses oncles chantaient à la fin des repas de famille. Il repart en fredonnant et voit en contrebas, au croisement de l’avenue Daumesnil et de la rue Abel, un clin d’œil (un peu noir) à l'ancienne compagnie ferroviaire.


Question 6 : Quel est donc ce clin d’œil ?



Camille poursuit sa balade, dans son dos, les cloches d'une église sonnent. C’est au croisement de l’Avenue Daumesnil et de la rue Ledru-Rollin.


L’église Saint-Antoine-des-Quinze-vingt émerge discrètement entre les immeubles.


Construite à l'emplacement d'une ancienne abbaye, détruite pendant la Révolution française, cette église achevée en 1903 accueillit Louis Albinhac qualifié de « prêtre et combattant ». Ce dernier célébra notamment des messes dans les années 1920 pour la "Ligue patriotique des Françaises", association féminine proche à sa fondation de l’Action libérale populaire puis réorientée vers l'éducation sociale, les interventions de bienfaisance et l'action sociale.


Lors de la fête corporative de l'Union catholique du personnel des chemins de fer, en juillet 1934, on assure qu’il est appelé « curé du P.-L.-M. ».


Sa présence est également attestée au banquet du cinquantenaire des syndicats chrétiens, organisé par la CFTC en octobre 1937.



Camille regarde sa montre, il est temps pour lui de repartir vers la gare de Lyon.

Il quitte la coulée verte et remonte la rue Ledru-Rollin.


Il passe devant le Royal tabac, un lieu qui fait penser aux entrées de bouches de métro, type art déco.


Au croisement de la rue de Lyon il tourne à gauche, laissant le « Quai 33 » derrière lui et remonte tranquillement vers la gare.


Une voix l’interpelle, il tourne la tête, un homme fait la publicité pour son nouveau spectacle qui aura lieu le soir même un peu plus loin.

C’est le théâtre Traversière. Son grand-père y était venu voir Jean Gabin et Arletty, l'un de ses plus beaux souvenirs, il en parlait souvent.


C’est un lieu connu des cheminots. Son histoire commence en 1927 avec la construction du siège administratif de la compagnie P.L.M. qui inclue une salle des fêtes, le futur Théâtre Traversière.


La programmation y est très variée : des concerts (rock, musique classique...), des pièces classiques et contemporaines, des spectacles humoristiques, des festivals de magie… complétés par des événements historiques et sociaux tels que l’assemblée des grévistes de Paris Sud-Est de décembre 1995 avec Bernard Thibault.


Question 7 : A quel numéro est situé le théâtre ?



Au bout de la rue, Camille prend à gauche et remonte la rue de Bercy.

Il arrive Place Louis Armand, encore un grand nom des chemins de fer. Cet ingénieur entré à la SNCF en 1938, résistant, arrêté par la Gestapo et qui fut président de la SNCF de 1955 à 1958.


Camille poursuit son chemin, regarde la célèbre tour de l'horloge de la gare et entraperçoit un lieu mythique de la gare dont le nom actuel est un hommage à un train de luxe reliant Calais à Vintimille.


Question 8 : Quel est ce lieu mythique de la gare de Lyon ?



Camille s'engouffre dans la bouche de métro, celle-là même qu'empruntèrent Bourvil et Louis de Funès dans La grande vadrouille en 1966.







Vous qui avez bien voulu participer à notre balade ferroviaire dans le quartier de la gare de Lyon, vous touchez au but.


Avant de revenir à Ground Control nous déposer votre bulletin de jeu, vous pouvez profiter d’un véritable musée à ciel presque ouvert entre les halls 1 et 2 de la gare, la fameuse galerie des fresques.

Ce ne sont pas moins de vingt fresques monumentales qui racontent l’histoire d’un patrimoine ferroviaire plus que centenaire. Véritables incitations au voyage, les premières peintures réalisées entre 1906 et 1907 représentent neuf villes méditerranéennes, comme Marseille, Nice ou Monte-Carlo. Puis viennent s’y greffer dans les années 1920 deux nouvelles toiles représentant Venise. Enfin, 11 nouvelles peintures représentant des lieux entre Paray-Le-Monial et Paris ont rejoint les deux premières séries de toiles en 1980, à l’occasion de la mise en service du TGV.



Vous trouverez le règlement de ce jeu-concours ci-dessous (à télécharger) :

Reglement jeu concours Rails & histoire JEP 2022
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Vous trouverez le document d'accompagnement pour la balade ci-dessous (à télécharger) :

Balade urbaine doc visiteurs
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Vous trouverez la biographie de Maurice Denis ci-dessous (à télécharger) :