Expo :
Les femmes et le train

Page 5 sur 13

titre.jpg

La loi du 15 Juillet 1845 sur la police des chemins de fer arrête que « partout où les chemins de fer croiseront de niveau les routes en terre, des barrières seront établies et tenues fermées, conformément aux règlements ». Le développement rapide du réseau ferroviaire contribue à la multiplication des passages à niveau. Assurer leur garde échoit initialement aux agents chargés de la surveillance et l’entretien de la voie. Mais ceux-ci étant souvent appelés à se déplacer, les compagnies recourent rapidement à leurs conjointes pour pallier leurs absences De nombreuses épouses intègrent ainsi les chemins de fer. Elles demeurent cependant sous la dépendance de leurs époux qui, en tant que titulaires « officiels » de l’emploi, restent responsables de leurs actes. De plus, le produit de leur travail – de cinq à dix fois inférieur - vient habituellement s’ajouter au traitement de ces derniers.

Bénéficiant d’un logement (généralement très rustique) et d’un jardin attenant, ces couples de «  cheminots paysans  » font souvent l’objet de jalousies. À tort si l’on se réfère au portrait laissé par Edouard Siebecker (Physiologie des chemins de fer, 1867) :

« Elle a 200 à 300 fr. d’appointement, une petite maisonnette et un jardinet. Entre deux convois, elle veille à son ménage, aime son mari, fait des enfants, les allaite, les élève, les marie et s’endort du sommeil éternel, après avoir vu le monde passer sous ses yeux, mais sans l’avoir connu. »

doc3.jpg
doc1.jpg

« La société du XIXème siècle se montre très critique au regard du travail des femmes notamment dans l’industrie (l’activité agricole est jugée davantage compatible avec la place de la femme dans la société. Une étonnante conjonction réunit les femmes qui ne travaillent pas à l’extérieur (afin de valoriser les tâches ménagères), la « morale dominante » (qui dénonce la promiscuité des établissements, l’abandon des enfants et l’affaiblissement de la cellule familiale) ou encore les ouvriers (qui identifient une menace s’agissant de leur rémunération). »

Garde-barrière manœuvrant le treuil d’un passage à niveau manuel avec voyant lumineux rouge. 1969-09-01. SNCF-Mediathèque - Yves Bouchet

doc2.jpg

Garde-barrière commandant l’arrêt à un train de fret avec une torche à flamme rouge. 1969-10-01. SNCF-Mediathèque - Droits réservés

doc4.jpg

Salle de peigneuses rectilignes Heilmann pour la laine (1889).

Page 5 sur 13