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II - Cadre franco-allemand et acteurs Le fonctionnement des chemins de fer français durant l'occupation allemande met en relation des acteurs de nature différente : Français et Allemands, bien sûr, mais aussi civils et militaires, techniciens et politiques. La Commission d'armistice
L'armistice de 1940 génère des organismes allemands et français,
qui constituent l'unique voie légale au plan du droit international
entre les deux gouvernements. Le gouvernement de Vichy et ses interlocuteurs allemands En outre existe à Paris une Délégation générale
du gouvernement français pour les territoires occupés, sorte
d'"ambassade de Vichy à Paris", censée n'être qu'un simple
échelon administratif du gouvernement français dans la capitale, mais
qui jouera un rôle politique autonome du fait de son
chef, Fernand de Brinon, un collaborationniste affiché.
À partir de septembre 1940, Jean Berthelot, devenu secrétaire d'État aux Communications, renforce les pouvoirs du ministre de tutelle de la SNCF, au détriment même de nouvelles structures créées par le régime de Vichy, tel que le secrétariat général aux Travaux et Transports. Les pouvoirs de décision sont alors concentrés entre les mains du ministre et de son cabinet, ainsi que du directeur général des Transports, par la réduction du nombre des directions ministérielles. La direction de la SNCF De même, les structures dirigeantes de la SNCF sont modifiées aux termes de la loi du 10 octobre 1940 : le Conseil d'administration voit le nombre de ses administrateurs passer de 33 à 12 ; le Comité de direction est supprimé ; les délégations de pouvoir du président sont renforcées. Ces modifications, notamment celles concernant le Conseil d'administration, visent à renforcer la tutelle. Toutefois, le fonctionnement interne de la SNCF demeure, dans les faits, caractérisé par l'existence d'un esprit de corps, du fait de l'autonomie dont disposent les ingénieurs, rouage essentiel de l'entreprise. A ce propos, le rapport Huisman-Montrémy d'après-guerre remarquera que les contrôles étatiques sur la SNCF sont exercés par des techniciens "qui ont la même formation que ceux qui subissent le contrôle, sans posséder des moyens d'action et le contact avec la réalité que peuvent avoir les contrôlés". Le fait qu'un cheminot occupe pour la première fois la tête du ministère de tutelle de la SNCF ne facilite pas pour autant les rapports entre la tutelle et la Société nationale. Outre les traditionnels conflits de personne, existent des conflits de conceptions qui opposeront par exemple le président Fournier, juriste et inspecteur de Finances, et le ministre-technicien Berthelot. Enfin, en raison de l'établissement de la ligne de démarcation est créée la délégation technique SNCF à Vichy, qui correspond à une antenne autonome du service du Mouvement pour l'ensemble de la zone sud. Les structures allemandes en France
Du côté allemand, les transports sont d'abord
de la compétence des militaires, en l'occurrence le colonel Göritz,
puis très vite le général Kohl, chef de la WVD Paris, dépendant du Chef
des Transports allemands, le général Rudolf Gercke, qui dépend
du haut-commandement de la Wehrmachtet de l'Armée de terre (OKW et OKH).
Mais, dans les faits, la direction de la SNCF
a pour principal interlocuteur un civil détaché auprès de la Wehrmacht,
un haut fonctionnaire de la Reichsbahn, le président Münzer, président
de la section des Chemins de fer (Eisenbahnabteilung) à la
WVD Paris. Dans l'ensemble, les cheminots allemands chargés de
la surveillance de l'exploitation française sont des hommes d'expérience,
rassis. Ce sont des cheminots de profession, parmi les plus âgés de
ceux détachés à la Wehrmacht à partir du printemps 1941 du fait du transfert
des plus jeunes d'entre eux sur les directions ferroviaires de l'Est.
On trouve aussi des techniciens spécialisés dans la traction électrique.
Comme l'ensemble des fonctionnaires du ministère des Communications
du Reich, le Reichsverkehrsministerium (RVM), dont l'une des directions
est constituée par la Reichsbahn, ils sont fortement nationalistes et
encadrés par le parti nazi, une situation classique qui voit la collusion
dans les instances du Reich entre les techniciens et les membres du
NSDAP. © Christian Bachelier, 1996 (5) Et n'ont pas été retrouvées depuis son achèvement.
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