"Toute manifestation
de caractère communiste, qu'elle soit collective ou individuelle et
quelle que soit son importance, doit, en particulier, être immédiatement
signalée. Tout chef d'établissement qui viendrait à apprendre que des
Clients placés sous sa direction ont participé en dehors du service
à de telles manifestations doit également le signaler. Tout chef d'établissement
qui découvre des tracts ou des affiches communistes doit s'efforcer
de trouver les auteurs de leur distribution et, si possible, de leur
rédaction. [...] Ils devront, de même, signaler aux préfets les agents
que, sans avoir des éléments suffisants pour proposer leur licenciement,
ils suspectent de se livrer à une telle propagande; les services de
police pourront être à même d'élucidé le rôle de ces agents et
une liaison constante devra être maintenue dans ce but", SNCF,
P 2257, lettre-circulaire du 10 juillet 1941 du directeur général de
la SNCF aux directeurs de l'Exploitation des Régions.
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Avertissement
Le
général Stülpnagel, se référant à un attentat particulièrement grave,
constate qu'"il s'agissait nécessairement d'employés du chemin
de fer parfaitement au courant des particularités locales et techniques".
Il ajoute : "J'ai donné aux tribunaux militaires allemands
l'ordre de sévir avec une extrême rigueur et de punir en règle générale
de peine de mort les saboteurs appréhendés. Je prie le Gouvernement
français de donner de son côté aux Compagnies de Chemins de fer l'ordre
d'entreprendre tout ce qu'il est en leur pouvoir afin d'éviter la récidive
de tels actes de sabotage." Les premiers sabotages ne paraissent
cependant pas être principalement le fait de cheminots. Les explosifs
utilisés dans les sabotages sur voie par exemple dans le Nord proviennent
des mines.
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C'est ainsi que le directeur général de la SNCF
rend compte de son entrevue avec lui (AN,
F14 13642, SNCF, mémento d'un entretien de M. le directeur général avec
M. le président Münzer, le 24 juin 1942) :
Conférence avec la direction
générale
1. - M. Münzer me remet une note en vue du règlement
des frais de location et d'entretien du matériel depuis l'armistice
jusqu'au 31 mai 1942. Cette note fixe en forfait, étant donné que sur
le terrain du droit il estime que nous n'avons pas à en discuter les
termes. Ce forfait tient compte des frais de location et d'entretien
des 85 000 wagons et également de la balance entre les autres wagons
français présents en Allemagne et les wagons allemands présents en France.
Pour la période postérieure au 31 mai 1942, il est proposé un forfait
de 1 650 000 RM par mois pour les 85 000 wagons devant être
réglé par le jeu des propositions qui vont maintenant être faites par
M. le Dr. Schultz. Je prends la note qui m'est remise et j'indique que
je vais en étudier les conclusions mais que, dès maintenant, je signale
qu'il avait été entendu, au début, que cette livraison de 85 000
wagons devait se faire d'un commun accord entre la Deutsche Reichsbahn
et la SNCF et que je suis surpris qu'elle aboutisse à un règlement que
nous n'aurions pas le droit de discuter.
AN, F14 13642, SNCF, mémento d'un entretien de M. le
directeur général avec M. le président Münzer, le 24 juin 1942.
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La réalisation d'une communauté
de wagons
2. - M. le Dr. Schultz explique très longuement
la manière dont il envisage la réalisation d'une communauté de wagons.
Il nous remettra d'ailleurs, une note écrite à ce sujet. En gros,
il envisage que, dans l'ensemble France occupée, Belgique, Allemagne,
les wagons soient répartis en fonction des besoins par un organisme
centralisé et que des règles soient établies pour assurer les compensations
de matériel nécessaire pour satisfaire ses besoins ; de même, il
sera fixé des règles d'utilisation et de paiement du matériel, ainsi
qu'un régime de répartition permettant l'utilisation maximal de tout
matériel en fonction des besoins les plus urgents. Si le gouvernement
français désire comprendre dans cette communauté la zone non occupée,
la question pourra être examinée. En ce qui concerne le paiement il
serait déduit du solde créditeur en faveur de la France un effectif
de 130 000 wagons à savoir 85 000 correspondant aux wagons
dont vient de parler le président Münzer et 45 000 correspondant
aux wagons du Luxembourg, de l'Alsace et de la Lorraine. Je réplique
que je ne pourrai donner mon avis sur ces propositions que lorsque je
serai en possession des propositions écrites qui me sont annoncées mais
que, dès maintenant, je dois signaler que, parmi ces propositions, certaines
d'entre elles ne relèvent pas de ma compétence, ce sont celles qui concernant
le régime des priorités et le niveau du matériel à maintenir en France ;
il s'agit là de questions gouvernementales qui doivent être traitées
par les autorités allemandes directement avec le gouvernement français.
En ce qui concerne, d'autre part, le chiffre de wagons afférent au Luxembourg,
à l'Alsace et à la Lorraine, je ne puis donner mon accord sans avoir
examiné la question.
AN, F14 13642, SNCF, mémento d'un entretien de M. le
directeur général avec M. le président Münzer, le 24 juin 1942.
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Les
conditions de livraison du matériel roulant
3. - Je signale à M. le président
Münzer que j'ai entretenu M. le ministre de sa proposition d'élever
à 400 la cadence de livraison du matériel wagons et que celui-ci m'a
prié de lui faire savoir que, afin d'accélérer le règlement de cette
question, il importait qu'il saisisse directement M. le colonel de Beauvillé,
Ce que M. Münzer m'a dit qu'il allait faire, afin justement de pouvoir
régler la question le plus rapidement possible.
AN, F14 13642, SNCF, mémento d'un entretien de M. le
directeur général avec M. le président Münzer, le 24 juin 1942.
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PLAQUE
À LA MÉMOIRE, DES DÉPORTÉS JUIFS, GARE D'AUSTERLITZ, PLACEE PAR
L'ASSOCIATION DES FILS ET FILLES DES DEPORTES JUIFS DE FRANCE.

1995
Cour des arrivées
Gare de Paris-Austerlitz
Cette plaque, placée dans la cour des arrivées,
rappelle le rôle de la gare d'Austerlitz dans l'exécution des déportations
: internement des juifs polonais de la région parisienne dès mai 1941
puis, après que la " solution finale " a été décidée par Hitler
en janvier 1942, acheminement vers Drancy des juifs pris dans les rafles
de juillet 1942. À côté, au 43, quai de la Gare, où les grands Moulins
de Paris disposent d'un embranchement sur la grande ceinture permettant
de diriger des trains sur Drancy, quelques centaines de juifs sont détenus
de juillet 1943 à août 1944 pour trier les biens volés entreposés là
et les convoyer jusqu'en Allemagne. D'autres plaques ont été placées
par l'association, en particulier gare de l'Est à Paris.
Source: Marie-Noëlle Polino
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