Rails et Histoire

The Quest for Speed - Peter Gosling

Kuperard, London, 2010, 168 p.

The Quest for Speed - Peter Gosling

Compte rendu par Etienne Faugier, août 2012
Etienne Faugier : candidat au doctorat d’histoire, Université Lyon 2 et Université de Laval

L’ouvrage de Peter Gosling se présente comme un opuscule relatif à la vitesse. Plus spécifiquement, il dresse le portrait des records de vitesse et des événements qui ont constitué des premières pour les différents modes de transports. Pour se faire, il se focalise sur la période allant du 18e siècle à nos jours.

L’ouvrage est organisé en cinq sous-ensembles. Les quatre premiers représentent chacun un mode de transport, qui est analysé : la vitesse sur la route, puis sur l’eau, ensuite les débuts de la vitesse aérienne et enfin l’âge de la vitesse aérienne sonique et supersonique. Le dernier chapitre évoque la vitesse future avec les fusées, les voyages spatiaux et le devenir du désir de vitesse et de ses applications concrètes dans le monde.
Au fil des pages, le lecteur entre lentement en contact avec les divers acteurs et événements qui ressortissent à l’histoire des transports. On peut citer la fameuse course cycliste du Tour de France ou les courses automobiles d’Indianapolis et du Mans, les prouesses maritimes de Bruno Peyron ou Ellen MacArthur, les exploits aériens de Hindenburg, Lindbergh, Earhart, des réussites techniques et technologiques comme le Tunnel sous la Manche pensé dès le 19e siècle, le TGV ou encore le Concorde.

Publié dans la collection « Simple Guides : sciences », l’ouvrage, agrémenté de quelques images, constitue une entrée rapide, simple et facile d’accès pour les lecteurs intéressés par le phénomène des transports et de la vitesse. Par ailleurs, pour prolonger la réflexion, l’auteur propose une bibliographie d’une dizaine d’ouvrages ayant trait aux records de vitesse et aux différents modes de locomotion. Plusieurs remarques peuvent être faites après la lecture de cet opus. Tout d’abord, le titre égare quelque peu dans la mesure où il est plus question de célérité, soit de records de vitesse, que de vitesse elle-même. Par ailleurs, l’auteur a pris le parti d’étudier la vitesse sur presque quatre siècles ; cependant, la notion de vitesse en tant que construction sociale évolue dans le temps et dans l’espace : ce dont Gosling ne tient pas compte. La structuration de son ouvrage est contestable dans la mesure où elle isole les modes de transports les uns des autres, donnant la fausse impression que l’on est passé d’une vitesse dominée par la route à une vitesse dominée par les déplacements aériens. Une présentation par mode de transport dominant chronologiquement aurait enrichi la réflexion. L’attention portée aux différents records de vitesse et à la technique laisse peu de place à l’analyse des changements culturels et sociaux, promise dans les premières pages. La dernière partie sur les développements futurs du voyage pose deux questions importantes : quels sont les souhaits des gens aujourd’hui à propos de la mobilité ? Quels carburants seront susceptibles d’être utilisés pour se déplacer ? Il aurait été intéressant de poser ces questions tout au long du récit afin de montrer que les records de vitesse ne peuvent se comprendre sortis de leur contexte.

The Quest for Speed s’adresse certes à un public élargi, mais il peut tout aussi intéresser les chercheurs qui s’intéressent aux liens entourant les différents thèmes des transports, de la vitesse et du sport. Toutefois, les chercheurs se devront rapidement se détourner de ce livre anecdotique à beaucoup d’égards et s’intéresser aux travaux publiés en histoire (Christophe Studeny et Jean Ollivro par exemple), en sociologie (Hartmut Rosa) ou encore en urbanisme (Paul Virilio) pour une analyse approfondie de la vitesse.

© AHICF, Etienne Faugier. Tous droits réservés.

Cette ouvrage est en consultation dans le Centre de Documentation de l’AHICF, cote O GOS 1.