Rails et Histoire

Robert Stephenson. The Eminent Engineer - Michael R. Bailey (dir.)

[Robert Stephenson. L’éminent ingénieur], publié en association avec The Institution of Civil Engineers, The Institution of Mechanical Engineers, The Newcomen Society, Aldershot (England)/Burlington (E.-U.), Ashgate publishing, 2003, 401 p., bibliographie et index, 55 £.

Compte rendu par Joanne Vajda, décembre 2003

Rédigée par une équipe d’historiens des chemins de fer et des ingénieurs [engineering history, plutôt historiens des techniques ?], la biographie richement illustrée de Robert Stephenson (1803-1859) est publiée à l’occasion du deuxième centenaire de sa naissance. Elle permet de découvrir l’impact de cet ingénieur sur la technique et sur la société qui s’étend, dans le temps, bien au-delà de l’époque victorienne et, dans l’espace, bien au-delà des frontières anglaises. Auteur de la première ligne de transport ferroviaire au monde, construite entre Londres et Birmingham, il fut responsable de la construction d’un tiers des chemins de fer en Angleterre. En cette qualité, Stephenson a stimulé non seulement l’économie anglaise, mais aussi celle d’autres pays. La construction de ponts et autres structures et sa remarquable contribution dans le domaine de la locomotion à vapeur ont rendu possible l’évolution des transports, en même temps que ses recherches en matière d’ingénierie hydrographique et les aménagements dans le domaine des transports par voie d’eau.
L’ouvrage souligne aussi sa grande influence sur le développement de la profession d’ingénieur qui a obtenu, grâce à lui et à deux autres ingénieurs de l’époque, Isambard K. Brunel et Joseph Locke, un statut important dans la société anglaise.
Le premier chapitre traite de sa formation et de son travail aux côtés de son père George. Les chapitres suivants examinent son influence et ses innovations en matière de chemins de fer, de construction de ponts en fer et en maçonnerie, d’ingénierie hydrographique, mais aussi sa vie mondaine, ses interventions au Parlement et son rôle en tant que commissaire de l’Exposition Universelle de 1851.
Adversaire de l’économie de marché anglaise, Stephenson s’est opposé autant que possible aux incongruités législatives concernant les chemins de fer. Il a participé à la construction des locomotives à vapeur, grâce à l’usine de Newcastle-sur-Tyne, ce qui met en avant ses qualités d’ingénieur mécanicien.
Stephenson a été consulté pour le développement des chemins de fer en Suisse, Suède, Danemark et a supervisé les projets de chemins de fer en Belgique, Norvège, Egypte et Inde.
Intérêt pour l’historien des chemins de fer  : La biographie de Stephenson vient combler un vide historiographique. Une mise en parallèle du développement des transports par voies ferrées en Angleterre et en France permettrait de saisir les influences anglaises sur le développement des chemins de fer, au-delà des travaux pionniers sur la construction du réseaux par Mackenzie et Brassey, et surtout sur la construction du matériel ferroviaire français. Les historiens français y trouveront notamment des informations sur les locomotives qui portent son nom que les constructeurs français Marc Seguin et Alexis Hallette firent venir en 1828 pour les étudier, afin de pouvoir construire des modèles semblables pour les chemins de fer français, ainsi que le mentionne Anne Callite dans la biographie de Hallette, p. 42 [voir ci-dessous].

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