Rails et Histoire

Présentation

Du 5 au 7 septembre 2014, sur une idée originale d’Emmanuelle Cronier, maître de conférences à l’université de Picardie - Jules-Verne, spécialiste de l’histoire de la Première Guerre mondiale et de l’histoire de l’alimentation, 1914-2014, Rails et histoire vous invite à l’événement « 1914-2014, Du pain & des liens ».

1914-2014, Du pain et des liens est une installation artistique dessinée par l’Ecole Boulle sur le parvis de la gare de l’Est où se trouvaient les cantines de gare destinées aux soldats. L’événement propose pendant trois jours au public un parcours sensoriel, évoquant par des documents d’époque commentés, des ambiances sonores, des gestes et le partage du biscuit ANZAC, né de la guerre, les usages de la gare de l’Est durant la Grande Guerre et les émotions dont les gares ont été et sont aujourd’hui le lieu et l’occasion. Un concert, des conférences, des visites de la gare et du quartier, des animations, toutes gratuites, sont proposées. Plus qu’à un événement, c’est à la découverte d’un véritable univers sensoriel qu’est convié le passant, le voyageur, le visiteur.

Du pain et des liens, un événement, un parcours, un univers

Le partage de la nourriture a joué un grand rôle pendant la Grande Guerre dans le soutien moral des soldats partant pour le front ou des réfugiés. Les gares ont été des lieux privilégiés de ces moments de partage .

La cantine de gare est le symbole d’un moment de rencontre et de partage typique à la fois de la culture ferroviaire et de la Première Guerre mondiale, marqué par l’émotion de la séparation et des retrouvailles, et où la nourriture joue un rôle réconfortant. "Du pain et des liens", comme une cantine éphémère, fait écho à ce symbole de la solidarité en temps de guerre mais aussi à une forme de restauration typique de l’espace ferroviaire, où l’on sert des plats simples à emporter pour le voyage.

Sur le parvis de la Gare de l’Est, là où se sont quittés et se sont retrouvés des milliers de couples et de familles pendant la guerre 14‐18, le visiteur sera immergé dans une évocation de l’univers de la gare, pensé dans un environnement affecté par la guerre : aux sons étouffés du Paris de 14-18, se mêlent les émotions des séparations, hommes et femmes, combattants et civils et les espoirs de retrouvailles.

Le dispositif scénographique, conçu par les étudiants DSAA 1 Événementiel et médiation de l’école Boulle, invitera le visiteur, accompagné par des médiateurs revêtus de costume réalisés par les étudiants du Lycée La Source (Nogent-sur-Marne), à se plonger dans un parcours qui éveillera ses sens, évoquant les usages de la Gare de l’Est durant la Grande Guerre confrontés à l’effervescence de la gare d’aujourd’hui.

Durant son parcours, le visiteur sera invité à partager un moment de convivialité : un biscuit ANZAC lui sera offert dans son écrin de laine et de papier. Ravivant les gestes de partage de nourriture en 14-18, qui, face à la peur de la disparition de l’autre ou en guise d’offrande aux soldats contribuent à nouer des liens symboliques, il se saisira du fil de laine pour tisser des liens sur et entre les visuels du dispositif,. Il dégustera ensuite ce biscuit, à l’histoire si particulière : il porte le nom des corps d’armées australiens et néozélandais et était confectionné par les familles pour leurs soldats partis sur le front. la recette exclut donc les œufs, afin qu’ils résistent aux longs voyages maritimes.

L’auteur

Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, agrégée d’histoire, Emmanuelle Cronier est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Picardie-Jules-Verne. Elle a enrôlé pour l’événement des étudiants en histoire français et internationaux, qui assureront l’accueil et l’animation. Elle s’est inspirée pour cet événement de son travail sur les liens et les émotions pendant la Première Guerre mondiale (Permissionnaires dans la Grande Guerre , Paris, Belin, 2013), et de ses recherches actuelles sur les cultures alimentaires pendant la Grande Guerre.

Du pain et des liens, un biscuit et de la laine

Le biscuit qui est au cœur de l’événement symbolise toute la dimension émotionnelle de la nourriture pendant la guerre, incarnée à l’époque par les colis envoyés par les familles, l’aide alimentaire d’urgence et les cantines, qui ont servi de fil conducteur au projet. La gare de l’Est à Paris, desservant le front, a été un espace privilégié de l’expression de ces émotions pendant la guerre.

L’événement met en parallèle l’importance des liens et des émotions en temps de guerre avec la mémoire de la Première Guerre mondiale aujourd’hui, qui s’ancre souvent dans une mémoire familiale et des objets transmis de génération en génération. Ce fil, qui continue de nous unir au passé, a inspiré le tissage collectif qui sera proposé au public pendant l’événement et l’invitation de la plasticienne Délit Maille qui tricote la guerre pour le projet Wool War One.

La gare

En effet, les gares ont été les lieux privilégiés des échanges de nourriture durant la Première Guerre mondiale : population civile venant spontanément offrir des provisions aux soldats en partance pour le front (pain, vin) et présence de nombreuses œuvres caritatives et associations (Croix Rouge, Goutte de café, coopératives de gares) fournissant gratuitement aux permissionnaires café, soupe et pain ou des repas simples et peu coûteux dans des cantines éphémères aménagées dans la Gare de l’Est. La nourriture devient un moment de partage, le symbole de la solidarité entre mobilisés sur le front et civils restés à l’Arrière.

Dans ce même processus symbolique, la gare de l’Est devient un carrefour : c’est de là qu’embarquent les soldats en partance vers la guerre, là que se disent adieux les familles, les couples, espérant le retour du frère, du père, du mari.

Elle devient également le lieu de production des représentations du soldat : la population se rend à la gare pour prendre des nouvelles de la guerre, espérant lire sur les visages des permissionnaires que la fin du conflit approche.

Même la configuration de la gare se meut en allégorie de la guerre : les grilles marquent la séparation entre le front et l’Arrière ; seuls les soldats peuvent les franchir pour atteindre le parvis, puis les quais pour embarquer, les familles étant contraintes de rester à l’extérieur ; elles deviennent des barrières, la limite entre la guerre et la vie du quartier. Les colonnes de la Gare de l’Est sont des espaces d’attente : les soldats attendent de monter dans le train. Cette image est fortement liée à l’idée du renouvellement des troupes, aux départs successifs des mobilisés vers le front. L’allée principale de la gare évoque, quant à elle, les réseaux de chemin de fer, le voyage vers le front.

Su 5 au 7 septembre, le parvis de la gare sera le lieu de rendez-vous et de départ de visites guidées de la gare, du quartier des deux gares et bien sûr de l’événement lui-même.

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