Rails et Histoire

Pierre Ferrié, bâtisseur du rail - Joseph Banaudo

Groupe d’étude pour les chemins de fer de Provence (GECP), 2011, 112 pages.

Cette étude, contribution au centenaire des Chemins de fer de Provence (1911-2011), est consacrée à Pierre Ferrié, l’un des artisan de sa construction. Né en 1837 à Limoux, dans l’Aude, cet ingénieur a connu une carrière exceptionnellement longue et féconde consacrée à la conception, la construction et l’entretien des voies ferrées. Dès l’âge de 16 ans, sans formation spécifique semble-t-il, il travaille sur les chantiers de la ligne de Bordeaux à Sète dont la Compagnie des chemins de fer du Midi vient d’obtenir la concession. En 1860, il intègre le service des Ponts et Chaussées de la Savoie, territoire nouvellement annexée à la France en quête de personnel, employé principalement à l’amélioration du réseau routier. En 1866, il obtient un congé illimité pour intégrer l’entreprise Brassey et c’est au titre d’ingénieur chargé des études au service de la construction et de la voie qu’il participe de 1866 à 1872 à la construction du plus haut chemin de fer d’Europe, sur les pentes enneigées du Mont-Cenis. Après un bref séjour en Italie où il est chargé des études du chemin de fer d’Ivrea à Aoste et au Grand-Saint-Bernard (qui ne reçoit un début d’exécution qu’en 1886), puis, plus au sud, de celles d’une ligne reliant les carrières de La Piastra au port de Marina-di- Carrara (ouverte en 1876), il rejoint Marseille. Là, il dirige de 1873 à 1879 le percement du tunnel ferroviaire du Prado au Vieux-Port. Réintégré en 1879 au sein de l’administration des Ponts et Chaussées, il est successivement chargé des études et travaux des nouvelles voies ferrées à construire dans le cadre du plan Freycinet dans les département des Basses-Alpes (actuellement Alpes de Haute Provence) et du Var. En 1885, Pierre Ferrié quitte définitivement les Ponts et Chaussées pour entrer au service de la Compagnie des chemins de fer du Sud de la France, concessionnaire de plusieurs lignes d’intérêt général à voie métrique dans les Préalpes et les Alpes méridionales. Après avoir dirigé les travaux des sections de Draguignan à Grasse (ouverte en 1890), puis ceux de la section de Grasse à Colomars qui présente une concentration exceptionnelle d’ouvrages d’art (ouverte en 1892), il prend la tête en 1893 des services techniques de la Voie et de la Traction. Déchargé de la responsabilité de la Traction en 1900, c’est en tant qu’ingénieur en chef du service de la Voie qu’il supervise la reprise des chantiers de la ligne Nice-Digne abandonnés depuis huit ans. Victime d’une mauvaise chute, Pierre Ferrié meurt en 1911 à peine moins de trois mois après sa mise en service. Une délégation du personnel obtient de la direction que son cercueil soit acheminé par un train spécial depuis Nice jusqu’à Draguignan afin d’y être inhumée auprès de son épouse.