Rails et Histoire

Patrimoine. Le Prix CILAC/Jeune chercheur en patrimoine industriel 2013 a été décerné

Afin d’encourager la recherche, la valorisation du patrimoine industriel ainsi que les initiatives innovantes des étudiants dans ce domaine, le CILAC a décerné, vendredi 13 décembre 2013 son 3e Prix CILAC/Jeune chercheur, dans le cadre prestigieux de la Cité de l’architecture et du patrimoine. L'un des projets lauréats touche à l’histoire et au patrimoine ferroviaires.

Le Prix CILAC/Jeune chercheur, qui bénéficiait en 2013 du soutien d’EDF et du partenariat de la Cité de l’architecture et du patrimoine, a vocation à rendre compte de la vitalité de l’enseignement et de la recherche, théorique et appliquée, dans le vaste champ du patrimoine industriel, scientifique et technique. Tout étudiant dans les domaines des sciences humaines et sociales, des sciences de l’ingénieur, de l’architecture, de l’urbanisme et des arts plastiques, de niveau master 1 et 2 et thèse, peut présenter sa candidature.

La présentation des candidats et de leurs travaux a été suivie du premier Forum CILAC des associations du patrimoine industriel, où l’AHICF était présente.

Créé en 1979, le CILAC est l’association nationale de défense et de valorisation du patrimoine industriel en France, représentante de TICCIH. Le CILAC rassemble plusieurs centaines de membres et sympathisants, répartis dans la quasi-totalité des départements, outre-mer inclus. Chercheurs, universitaires, ingénieurs, architectes, associations locales en charge de sites, professionnels du patrimoine, conservateurs de musées ou d’écomusées, et bien entendu toutes les personnes intéressées s’y retrouvent autour d’une même idée : connaître, protéger et valoriser les traces matérielles et immatérielles de l’industrie et de la technique sur notre territoire. Le CILAC publie la seule revue francophone entièrement dédiée à ce domaine, L’Archéologie industrielle en France.

CATEGORIE RECHERCHE, UN PRIX EX-ÆQUO

o Céline Barbin, étudiante en Master 2 à l’École du Louvre – L’aménagement hydroélectrique de Marèges. Histoire du site et importance patrimoniale (Corrèze) Inauguré en 1935, le site hydroélectrique de Marèges (Corrèze) fut conçu par André Coyne, ingénieur des Ponts et Chaussées, afin de poursuivre l’électrification des lignes ferroviaires du Paris-Orléans. La construction du barrage fut l’occasion d’une mise en œuvre d’innovations majeures : finesse de la voûte, frettage des conduites forcées, systèmes d’ancrage des maçonneries, procédés d’auscultation. La qualité architecturale de la centrale, comme sa décoration intérieure, très soignée, confiée à l’architecte parisien, Louis Brachet sont remarquables : elles illustrent de manière magistrale le style art déco appliqué à un édifice industriel. Enfin, l’impact social fut également inédit, face au tout premier des grands barrages de la Dordogne. L’étude historique et patrimoniale ainsi réalisée avec rigueur souligne la grande valeur du site de Marèges et confirme son statut de jalon important dans l’histoire des techniques de l’hydroélectricité.

o Florent Peters et Sophie Dublange, étudiants en Master 1 et 2 à l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse – La valorisation du patrimoine industriel du pourtour de l’étang de Berre. Le cas de l’ancienne Poudrerie royale de Saint-Chamas – Miramas (Bouches-du-Rhône)

La Poudrerie royale de Saint-Chamas, située sur la rive Nord de l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône), fut fondée en 1690 par Louis XIV. Cette implantation fut le point de départ du développement industriel de ce territoire, à prédominance pétrochimique, avec ses conséquences profondes dans les domaines économique, social, culturel et urbanistique. Fermé en 1974 après 300 ans d’activité, le site de près de 140 hectares fut démantelé et dépollué par le ministère de la Défense avant d’être cédé au Conservatoire du littoral en 2001. Après un abandon de près de trente ans, cette friche industrielle est aujourd’hui dans un espace naturel préservé et protégé. L’ambition du projet patrimonial est double : rendre de nouveau lisible ce site par la restitution de son histoire industrielle mais aussi préserver le patrimoine immatériel, la mémoire des lieux, par un travail d’enquête orale auprès d’une population très consciente de l’importance du projet.

CATÉGORIE RECHERCHE APPLIQUÉE

o Serena Boncompagni, étudiante en thèse à l’Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain, de l’École des Hautes études en sciences sociales – Coke et coquelicots. Recherche-action pour la valorisation de l’histoire et la mémoire de l’ancienne Cokerie de Drocourt (Pas-de-Calais)

Construite en 1892, la cokerie de Drocourt (Pas-de-Calais) a fonctionné pendant 110 ans, jusqu’à son démantèlement en 2002. De ce site immense il ne reste que quelques traces du réseau ferroviaire, des morceaux de coke, gagnés par la végétation, et surtout la mémoire des cokiers, oubliée, peu valorisée au regard de celle, glorifiée, des mineurs. Aujourd’hui, ce territoire est en phase de reconversion pour en faire un site vert qualifié, dédié au développement durable et au sport. L’enjeu, de taille, est de mener cette mutation tout en préservant l’histoire du territoire sans occulter la mémoire de ses habitants. Le travail de l’anthropologue permet ici de souligner la complexité des enjeux et des relations entre acteurs du territoire. Il donne à écouter les anciens salariés vivants sur place, leur histoire, leurs sentiments face au grand vide d’un site industriel complètement rasé. Il signale aussi la nécessité de donner au projet de reconversion du sens et de la force, par la mise en valeur de l’histoire industrielle et des hommes qui y ont œuvré, en évitant de tomber dans le piège d’une vision simplifiée et simpliste de l’industrie charbonnière, à vocation touristique.

Contact : Louis André, secrétaire général du CILAC – Mèl

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