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L’Orchestre d’Harmonie du chemin de fer du Nord, 5 septembre 2014

L’Orchestre d’Harmonie du Chemin de fer du Nord, en inaugurant 1914-2014, Du pain et des liens, rappelle comment il a été marqué par la Grande Guerre.

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Concert Harmonie du chemin de fer du Nord, 5 sept. 2014 (c) Michel Tiard, HV10

L’orchestre, créé en 1893 par les ouvriers des Ateliers Traction de la Chapelle de la Compagnie du Chemin de fer du Nord « afin de propager et d’encourager l’art musical », a payé un tribut à la Première Guerre mondiale. Tenus majoritairement par des musiciens dans la force de l’âge et donc mobilisables, les pupitres sont désertés par leurs occupants. De ce fait, l’activité musicale proprement dite et les répétitions cessent pendant toute la durée du conflit. La mobilisation, l’absence de trains le soir ainsi que les contraintes du service en tant de guerre affectent durement la vie de l’harmonie. Dès le 10 octobre 1914, le 2e baryton est tué à l’ennemi ; d’autres suivront hélas ! Devant les difficultés des familles de soldats, une aide amicale et des concerts de bienfaisance sont organisés dès 1915, en faveur des enfants de cheminots et des apprentis. Cet élan de solidarité, qui ne se démentira jamais tout au long de ces quatre années, est tout à l’honneur des cheminots. En 1916, le 30 avril, un concert pour les victimes de guerre est donné. Au programme, les hymnes nationaux des pays en guerre : France, Russie, Grande-Bretagne, Belgique, Italie, Serbie, Montenegro, Japon. La « Marche lorraine » clôture le concert. Une école de musique était adjointe à l’harmonie afin d’enseigner le solfège et la pratique instrumentale aux enfants des cheminots. Des musiciens de l’orchestre, mobilisés à leurs postes de travail, assurent tant bien que mal des cours en remplacement de leurs collègues professeurs combattants. La paix revenue, ce n’est qu’en octobre1920 que l’orchestre reprend ses répétitions mais la plupart des pupitres ne retrouvent pas leurs anciens occupants. La guerre est passée par là. 98 musiciens reprennent le flambeau. Ils inaugurent en gare du Nord la plaque commémorative des cheminots du réseau Nord morts pour la France, le 20 mai 1921. Le 25 septembre de cette même année, un concert est donné dans le jardin des Tuileries au profit de l’œuvre de la reconstitution des musiques françaises sinistrées.

Le 5 septembre 2014, l’Orchestre d’harmonie du Chemin de fer du Nord a eu le privilège d’inaugurer en musique l’événement « 1914-2014, Du pain et des liens » gare de l’Est à Paris en proposant aux passants un répertoire de chansons et d’airs célèbres fredonnés et joués à l’époque. De « la Madelon » à « Frou-Frou » en passant par « Sous les ponts de Paris » et « la chanson de Craonne », un public bon enfant a repris en chœur les paroles de ces mélodies populaires. Il a pu redécouvrir ainsi une musique qui a marqué son époque et reprendre couplets et refrains, aidé par la chorale de Luzarches et la jeune soprano Violette Renié. Tout ce joli monde était mené à la baguette par Benoît Boutemy, directeur de l’harmonie.

La présence de l’orchestre à cette manifestation était un hommage des musiciens actuels à leurs aînés, morts pour la France.

(c)Françoise Brunaud

Photographie : L’OHCF sur le parvis de la gare de paris-Est, 5 septembre 2014, cliché (c) Michel Tiard, Histoire & Vies du 10e