Rails et Histoire

Lucien Chanuc, 1917-2016

Avec Lucien Chanuc, décédé à 99 ans, le 8 mars 2016, disparaît l’un des derniers grands érudits du chemin de fer qui, à l’exemple de Vauquesal-Papin, Roger Commault, Michel Doerr, Maurice Maillet, pour ne citer qu’eux, ont fait le délice des lecteurs de la presse ferroviaire. Lucien Chanuc a ainsi apporté sa contribution à Ferrovia-Midi (inaugurée en 1978, sa rubrique « Histoire Express » annonce déjà sa marque de fabrique), La Vie du Rail et Connaissance du Rail. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages de fond.

Hormis ses écrits, de Lucien Chanuc, homme très discret, on sait peu de choses. Co-auteur de l’ouvrage Les Trains du Médoc (Editions du Cabri, 2005), Patrice Durbain a recueilli quelques éléments biographiques auprès de sa fille Catherine.

Né le 18 janvier 1917 à Menetou-Salon, petit bourg du Cher, au nord de Bourges, Lucien Chanuc passe l’essentiel de son enfance en Gironde au grès des mutations de son père, fonctionnaire à l’administration des Tabacs. C’est de là que datent ses premiers contacts avec le chemin de fer, notamment de Latresne, commune limitrophe de la ligne Bordeaux-Eymet, d’où il suit le ballet des locomotives Forquenot qui approvisionnent en fumier provenant des écuries de l’armée les anciennes carrières de l’Entre-deux-Mers spécialisées dans la culture des champignons.

Après des études secondaires à Bordeaux et à Castres, il obtient une licence en droit à Toulouse. Ses obligations remplies, il intègre en 1938, à Lyon, l’une des composantes de l’actuelle École nationale des finances publiques. C’est à Flers (Orne) qu’il occupe son premier poste, en1941, comme rédacteur au service des impôts. Nommé inspecteur, il est muté à Paris fin 1943, affecté à l’administration des Domaines où il se spécialise dans le traitement de dossiers touchant aux expropriations. Il y restera une vingtaine d’années, parcourant la France en train et visitant, dans le cadre de ses activités professionnelles, nombre d’établissements industriels. Il finit sa carrière à Libourne (Gironde) en tant que conservateur des hypothèques de 1974 à 1982. Dès lors, il partage avec son épouse, décédée il y a peu, une retraite méritée entre Paris et Soulac, où il se retire définitivement en 2012.

Tout au long de sa vie, il n’a eu de cesse de s’intéresser aux transports ferrés et routiers, fréquentant assidument la Bibliothèque nationale et les Archives nationales, mais aussi les bibliothèques et les archives locales, en particulier celles des départements des Landes, du Lot-et-Garonne et de la Gironde. De ses recherches, et des documents dénichés auprès des bouquinistes lors de ses déplacements, sont nées les études qui ont fait notre bonheur. Si l’on excepte ses ouvrages, Lucien Chanuc s’était spécialisé dans la rédaction d’articles mettant en lumière des aspects du chemin de fer sinon ignorés du moins peu abordés par les historiens. En bon érudit, il savait habilement mêler l’anecdote et la rigueur scientifique.

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