Rails et Histoire

L’Aluminium un si léger métal - Ivan Grinberg, avec le concours de Florence Hachez-Leroy et Jean Plateau

Paris, Découvertes Gallimard, 2003, 128 p.

Compte rendu par Joanne Vajda, juillet 2003

C’est l’histoire de l’aluminium, premier métal industriel après l’acier, que se sont proposé de retracer les auteurs de ce livre. A sa lecture on prend conscience de la place que tient ce métal dans notre vie quotidienne, dont l’emploi est courant dans des domaines très divers, allant de l’aéronautique civile et militaire à l’emballage ménager, en passant par l’architecture et le design, l’industrie des transports et le matériel sportif.
C’est Henri Saint-Claire Deville qui a le mérite d’avoir obtenu de l’aluminium en 1854 à partir de la bauxite et c’est à l’empereur Napoléon III que l’on doit la diffusion de l’intérêt pour ce métal, dont des lingots sont aussitôt présentés à l’Exposition Universelle de 1855. Il faudra attendre la fin des années 1880, pour que la production industrielle commence à se développer grâce à une découverte qui a lieu simultanément en France et aux États-Unis consistant dans l’obtention de ce métal par voie électrolytique, connue sous le nom de procédé Hall-Héroult.
Les qualités exceptionnelles du « métal caméléon », souvent utilisé sous forme d’alliages – sa légèreté, sa malléabilité, sa haute résistance mécanique, mais aussi sa grande capacité à être recyclé et à réduire la consommation d’énergie – en font un matériau rêvé. Des témoignages et documents complètent l’image singulière de l’aluminium.
La publication de cet ouvrage nous fait d’autant plus regretter les menaces qui pèsent sur les activités de l’Institut pour l’histoire de l’aluminium qui s’était attaché depuis 1986 à faire connaître au public l’histoire de ce matériau (à travers des publications, des expositions et des actions pédagogiques) et dont l’une des principales missions a été la préservation et la valorisation du patrimoine lié à l’aluminium (archives, objets et patrimoine technique). Il faut espérer que les fonds d’archives et la documentation rassemblée par cette institution, d’un grand intérêt, seront à nouveau un jour accessibles au chercheur et que les efforts de ceux qui ont œuvré pour l’existence de l’IHA, parmi lesquels les auteurs de ce livre, continueront d’être appréciés.
Intérêt pour l’historien des chemins de fer  : Les auteurs évoquent l’adoption de l’aluminium dans les véhicules industriels et rappellent brièvement l’utilisation de ce matériau pour les carrosseries et autres pièces importantes des trains à grande vitesse. Malgré la nécessité d’alléger leur caisse, ceux-ci avaient d’abord été construits en acier, à cause du surcoût important qu’entraînait l’utilisation de l’aluminium. Cette relation entre l’aluminium et la construction des trains mérite peut-être une étude poussée, d’autant plus que ce matériau fait partie de l’environnement quotidien de tous ceux qui prennent les trains de banlieue.

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