Rails et Histoire

« Histoire des transports », Revue suisse d’histoire

vol. 56 (2006), 126 p.

Compte rendu par Joanne Vajda, février 2007

Ce numéro de la Revue suisse d’histoire aborde l’histoire des transports du 18e au 20e siècle, sujet qui fait aussi l’objet d’un projet de recherche sur l’histoire du trafic initié par ViaStoria–Centre pour l’histoire du trafic et par le Département d’histoire économique, sociale et environnementale de l’Institut d’histoire de l’Université de Berne. Ce numéro fait le point sur les dernières recherches dans ce domaine, en présentant les premiers résultats de ce projet de recherche et les pistes qui restent à explorer. Comme l’indique Christian Pfister dans l’introduction, la compréhension du développement du trafic en vue de satisfaire la demande croissante de mobilité des populations nécessite la mobilisation de plusieurs types d’approches et incite à une analyse multi-disciplinaire. Paul Schneeberger montre que l’histoire des infrastructures de la mobilité reste à écrire, en tout cas pour la Suisse. Hans-Ulrich Schiedt retrace l’histoire de la construction des principales routes suisses, depuis 1740 jusqu’en 1910, routes qui favoriseront les échanges, l’industrialisation et l’urbanisation du pays. L’analyse du domaine ferroviaire des années 1850 à l’entre-deux-guerres proposée par Serge Paquier permet de replacer ce secteur dans le contexte plus général des industries de service public en Suisse. Laurent Tissot s’attache à montrer les relations complexes qui existent entre le chemin de fer et le tourisme dans le contexte suisse. Thomas Frey identifie les changements intervenus dans le système de trafic suisse grâce à la création des voies ferrées et à l’établissement des connexions entre les trains. Christoph Maria Merki aborde la question de l’automobile et de ses effets sur l’économie, la société, le paysage et la politique. André Kirchhofer propose de repenser l’histoire des transports en prenant en compte les différents points de vue sur l’utilité publique du chemin de fer suisse. Jonas Steinmann montre comment le fédéralisme suisse a contribué, dès les années 1950, à la conservation d’un réseau ferroviaire très dense en Suisse. Gisela Hürlimann évoque la participation de la SBB (Schweizerischen Bundesbahnen, Société suisse de chemins de fer) au développement du trafic par le biais de l’automatisation et de la grande vitesse. Ueli Haefeli rend compte de la mise en oeuvre de la politique des transports dans les années 1970, sous l’influence d’un comité composé de politiciens, industriels, hommes d’affaires, universitaires et représentants de l’administration. Dans la dernière contribution, Andres Betschart présente les recherches de ViaStoria–Centre pour l’histoire du trafic.
Intérêt pour l’historien du chemin de fer : Les diverses façons d’aborder l’histoire des transports suisses suggérées par les articles de ce numéro de la Revue suisse d’histoire peuvent inciter les historiens à se lancer sur de nouvelles pistes de recherche. On ne peut que saluer les changements de point de vue et les nouveaux questionnements mis en œuvre à l’initiative de Via Storia qui conjugue l’inventaire du patrimoine des voies de communication, maintenant achevé, à sa mise en valeur par le tourisme et qui y ajoute désormais des programmes de recherche de grande ampleur.

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