Rails et Histoire

France radiale contre France transversale ? Regards croisés sur la constitution du réseau ferré français - Michel Vrac

Thèse en géographie soutenue le 21 décembre 2001 sous la direction de Jean-Robert Pitte à l’Université de Paris IV, Paris Sorbonne, U.F.R. de Géographie Aménagement, Laboratoire Espace et Culture, ouvrage dactylographié, 452 p. + annexes n.p.

Thèse déposée et consultable à l’AHICF

Compte rendu par Joanne Vajda, avril 2003

C’est le regard d’un géographe sur la configuration et l’évolution du réseau ferré français qu’exprime cette thèse. L’opposition classique entre lignes radiales et lignes transversales est ici analysée sous un autre angle de vue que celui communément utilisé. L’étude est menée à partir du réseau transversal et rend compte des stratégies des divers intervenants et de leur manière de concevoir l’organisation du territoire. Paris, assimilé à une conception centralisée du réseau, n’est plus le point de référence, la recherche mettant davantage l’accent sur les ports et les grandes villes de la périphérie française. L’intégration de l’analyse historique, qui est une constante de la géographie des transports, permet à l’auteur de comprendre l’évolution du réseau national actuel et ses mutations. Dans la première partie il présente la façon dont se forge la conception nationale et centralisée du réseau ferré français à partir de l’organisation de l’ensemble des voies de communication. Il dessine ensuite le principe du réseau de chemin de fer étoilé qui voit le jour entre 1830 et 1870, puis évoque l’établissement tardif des lignes transversales et leur évolution depuis le milieu du XIXe siècle jusqu’en 2001.
Dans la seconde partie Michel Vrac s’intéresse aux systèmes de transport antérieurs au chemin de fer et retrace l’évolution des conceptions transversales du territoire, avant d’aborder la logique des ports et le regard des exploitants sur le réseau transversal. Le rôle des acteurs régionaux et les intérêts des exploitants sont déterminants pour le développement d’un tel réseau. On en déduit que l’industrialisation, la croissance de certaines villes, le tourisme et les pratiques sociales influencent profondément l’existence et le maintien de certaines lignes transversales.
Intérêt pour l’historien des chemins de fer  : On note surtout l’apport de l’histoire à la compréhension de l’évolution de la géographie des transports. L’auteur souligne le rôle fondamental des cartes, outil de réflexion au même titre que les sources écrites.

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