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Métamorphoses de l’électricité
Paris, Norma, 2004, 223 p.
Compte rendu
par Joanne Vajda, novembre 2004
Le livre a été publié à l’occasion de l’exposition «
Métamorphoses de l’électricité » présentée par la Fondation
Électricité de France à l’espace EDF Electra à Paris, du 26 mai au
12 septembre 2004. La Fondation a souhaité rendre hommage au passé de l’électricité
en présentant l’apport de celle-ci dans le domaine du paysage
industriel, de l’architecture, de l’art, du design et des arts
ménagers. Admirablement illustré et mis en page, le livre dispose d’un
index de noms et d’une orientation bibliographique.
Après avoir été présentée comme une curiosité mondaine dans les
cabinets scientifiques du XVIIIe siècle, l’électricité trouve des
applications diverses, notamment dans le soin de nombreuses maladies.
L’apparition des premières installations électriques permanentes
datent des années 1870. À partir de ce moment le paysage français est
modelé par la construction des centrales thermiques et hydroélectriques,
des barrages et des réservoirs. C’est l’occasion de prendre
conscience de cet important patrimoine industriel, dont certains exemples
constituent de véritables prouesses techniques.
Dès 1851, les Expositions Universelles accordent une place importante à
l’électrotechnique, tandis que, dans les années 1880, des
manifestations internationales spécifiques sont consacrées annuellement
à l’électricité et organisées avec les soutiens gouvernementaux.
Parmi celles-ci, l’exposition qui s’est tenue à Paris en 1881 est la
plus mémorable.
L’électricité apparaît comme un vecteur essentiel d’innovations
dans de nombreux domaines, notamment dans celui des transports
ferroviaires et urbains.
L’espace domestique apparaît comme un des territoires préférés de la
fée Électricité, que le Salon des arts ménagers met à l’honneur
jusqu’en 1983.
L’apparition de nouvelles matières, des progrès techniques et de
nouveaux appareils et ustensiles pousse les fabricants à se préoccuper
du design des objets qui composent l’espace domestique.
Plus largement, l’architecture et l’espace urbain sont envahis par l’électricité,
qui favorise l’éclairage des rues et des monuments, et incite surtout
à intégrer dans le processus de conception la présence des ascenseurs
et de la lumière artificielle. Parallèlement on s’efforce d’améliorer
la qualité du paysage industriel français lié à la production et à la
distribution de l’électricité.
La sauvegarde du patrimoine industriel électrique est une préoccupation
qui se développe en France depuis les années 1970. Il apparaît aujourd’hui
important de fédérer les démarches de recensement et de conservation à
l’échelle européenne, afin de pouvoir mener une politique de
conservation objective sur le plan scientifique et cohérente du point de
vue géographique. Dans toute l’Europe, on trouve des exemples de
bâtiments liés à la production de l’électricité, dont la
rénovation et la reconversion ont permis la sauvegarde.
Enfin, l’électricité apparaît fortement liée à la production
artistique, encourageant ceux qui gèrent cette force à devenir de
véritables mécènes. La Compagnie parisienne de distribution d’électricité
inaugure ce type de relations avec le milieu artistique, tradition qu’EDF
poursuit aujourd’hui.
Intérêt pour l’historien des chemins de fer : Il y a
certainement encore beaucoup à dire sur la relation entre l’électricité
et les transports ferroviaires. Les exemples de sauvegarde du patrimoine
industriel électrique constituent une base de réflexion au sujet du
patrimoine ferroviaire et les suggestions faites dans l’ouvrage sont
applicables également à ce domaine. Nous savons peu de choses sur l’existence
d’un mécénat des anciennes compagnies de chemins de fer et de la SNCF
dans le domaine artistique, en dehors des créations d’affiches.
Peut-être le sujet mérite-t-il l’attention des historiens ?
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