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Bernard DESJARDINS, Michel LESCURE, Roger NOUGARET, Alain PLESSIS,
André STRAUSS (sous la dir. de), Le Crédit Lyonnais. 1863-1896. Études historiques, Genève,
Droz, 2003, 1020 p.
Compte rendu par Joanne Vajda, juin 2003
C’est un ouvrage collectif qui rassemble quelques 40 contributions
issues des études récentes sur l’histoire du Crédit Lyonnais,
permettant ainsi de faire un bilan de la recherche entreprise sur la
banque depuis la publication, en 1961, de la thèse de Jean Bouvier, Le
Crédit Lyonnais de 1863 à 1882, les années de formation d’une banque
de dépôt (2 volumes). L’institution d’un service d’archives
historiques à partir de 1991 a permis de véritables découvertes. Loin d’être
une simple histoire bancaire, malgré l'importance qu’une telle histoire
peut présenter, cet ouvrage montre la variété des intérêts des
historiens qui ont fréquenté ces archives et la diversité d’approches
qui en résulte. Ce qui rend la lecture agréable c’est l’enthousiasme
des chercheurs que l’on ressent à la lecture de ces pages. Le résultat
est une sorte de recueil qui met en perspective l’établissement
bancaire, grâce à leurs multiples points de vue. L'alliance de l’histoire
et des témoignages oraux ne fait qu’enrichir la problématique,
traitée en cinq parties :
- L’entreprise, ses hommes, ses métiers
- La banque et le financement de l’économie
- La banque internationale
- Le Crédit Lyonnais dans son environnement
- Le Crédit Lyonnais à l’épreuve de l’histoire.
C’est évidemment la seconde partie, réunissant six contributions, qui
intéresse plus particulièrement l’historien des chemins de fer. Michel
Lescure propose un aperçu de la relation entre le Crédit Lyonnais et l’immobilier
à travers la Société foncière lyonnaise entre 1879 et 1913, Jean-Louis
Loubet étudie le rapport de la banque avec l’industrie automobile entre
1905 et 1971, tandis qu’Emmanuel Chadeau (…) évoque le fort
encouragement de l’industrie aéronautique par le Crédit Lyonnais entre
les deux guerres. André Strauss explique l’importance du recours au
marché financier pour le secteur électrique à la même époque et Denis
Varaschin offre une approche micro-économique des rapports existant entre
banque et industrie à travers l’étude de la Société lyonnaise des
forces motrices du Rhône. François Caron aborde l’histoire des grandes
compagnies de chemin de fer par le biais des études de la direction des
Études financières du Crédit Lyonnais. Les analyses économiques et
financières de la situation des réseaux, les notes qui évaluent les
titres des compagnies, les rapports sur les conséquences de la guerre
(entre 1920 et 1930) et, surtout, les rapports des conseils d’administration
aux assemblées générales d’actionnaires sont des sources très riches
desquelles François Caron semble s’être délecté.
Une bibliographie raisonnée recense essentiellement les ouvrages relatifs
à l’histoire du Crédit Lyonnais.
Intérêt pour l’historien des chemins de fer : Encore un
exemple intéressant d’histoires croisées, utilisant des sources
nouvelles, qui montre que le chemin de traverse est une voie intéressante
pour le renouvellement historiographique.
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