|
Hugo DE BOT,
Architecture des gares en Belgique. 1835-1914. Tome 1, traduit par Dominique Verhaegen, Turnhout (Belgique),
Brepols, 2002, 240 p.
Compte
rendu par Joanne Vajda, décembre 2003
C’est
en Belgique qu’est mise en service en 1835 la première ligne de chemin
de fer de voyageurs régulière sur le continent. Jusqu’en 1870 l’État
belge accorde à des compagnies privées le droit d’établir et
d’exploiter de nombreuses lignes, avant de racheter progressivement les
concessions. C’est ainsi que se résume l’histoire des chemins de fer
belges avant la Première Guerre mondiale.
Le présent ouvrage est une contribution importante à l’inventaire du
patrimoine architectural ferroviaire belge. 800 cartes postales anciennes
accompagnent le texte de Hugo De Bot qui s’intéresse depuis quinze ans
à l’architecture des gares, ayant déjà publié plusieurs articles sur
la typologie de ces bâtiments dans le Toeristische Trein Zolder, ainsi
qu’en 1988, une brochure (en collaboration avec le Groupe de travail
d’histoire ferroviaire) sur les gares de la province d’Anvers.
Le fruit de sa recherche paraît en deux tomes, le premier (dont nous
traitons ici) consacré à la période 1835-1914 et le second à la période
suivante, de 1914 à nos jours (où l’on trouvera également l’étude
des gares prussiennes construites au XIXe siècle dans les territoires
devenus belges après le traité de Versailles).
Hugo De Bot ne traite que de l’architecture des haltes et des gares,
comme bâtiments de voyageurs où se vendent les titres de transport (ce
qui représente plus de 400 constructions), à l’exclusion des gares de
marchandises et des points d’arrêt (qui consistent généralement en un
simple quai).
Le premier tome se divise en deux chapitres, le premier consacré aux
gares de l’Etat et le second aux bâtiments des compagnies privées.
L’auteur souligne les particularités et les points communs de ces
constructions, aboutissant à une typologie. Il nous épargne une
monographie linéaire et décrit toujours les bâtiments en comparaison
les uns avec les autres. Il évoque les gares provisoires, les
constructions en bois (qui nous font penser aux chalets), saisit les
diverses influences (dont évidemment celle de la France), relève les
différents styles (le néo-classique, le néo-gothique, le néo-Renaissance
flamand) et l’éclectisme de certains édifices, montre comment on
s’inspire de l’architecture balnéaire, mais aussi comment on tente de
standardiser ces bâtiments.
La participation des compagnies ferroviaires françaises à l’édification
des gares en Belgique est également mentionnée, comme celle de la
Compagnie du Nord financée par la branche française de la famille
Rothschild qui signe plusieurs contrats et conventions en 1854 pour
l’exploitation de lignes au-delà de la frontière française et compose
un paysage ferroviaire fortement influencé par les pratiques françaises.
Des architectes, mais surtout beaucoup d’ingénieurs, sont impliqués
dans la conception des édifices, mais la paternité des projets n’est
pas toujours facile à établir, compte tenu du fait que les plans sont
souvent signés par des chefs de section, parfois simplement responsables
des bâtiments.
Intérêt pour l’historien des chemins de fer : Nous avons déjà
eu l’occasion de souligner, à travers divers comptes rendus, le grand
intérêt des recherches belges dans le domaine de leur propre histoire
ferroviaire, mais celle-ci éveille particulièrement notre intérêt car
elle croise l’histoire des chemins de fer et l’histoire de
l’architecture, accorde à l’image le statut de source indispensable
pour l’écriture d’une telle histoire et introduit une dimension
comparative dans le discours qui ouvre vers la production architecturale
de l’époque.
.---------------------------------------------------------
Copyright © AHICF, Joanne Vajda, 2003. Tous droits réservés.
Retour
|