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Jean-Louis
BOSC, Jean-Michel CHAUVEAU,
Jacques CLEMENT, et alii, Joseph
Monier et la naissance du ciment armé, Paris, Ed. du Linteau,
2001, 180 p., 23 euros
Compte
rendu par Joanne Vajda, mars 2003
Cet ouvrage collectif, paru grâce au soutien financier du groupe Lafarge,
pourrait presque passer inaperçu à cause de son format, tout comme cette
partie de l’histoire de la construction liée au ciment armé. Il
retrace l’histoire de ce matériau en évoquant aussi quelques figures
importantes ayant contribué à son évolution et à son utilisation,
figures par ailleurs familières aux historiens qui s’intéressent à l’art
des jardins en France.
Dans la première partie, les auteurs présentent les diverses recherches
et inventions françaises liées au ciment, ayant précédé celles du
béton armé. Après un très bref passage en revue des constructions en
fer et ciment entre 1860 et 1870 en France, Grande-Bretagne, États-Unis et
Allemagne, ils décrivent simultanément la vie privée et l’activité
professionnelle de Joseph Monier. On découvre la grande diversité de ses
domaines d’intervention : de la caisse-bassin, il passe aux bassins de
jardin, aux panneaux de clôture des maisons, à la construction de ponts,
escaliers, égouts, aqueducs, systèmes applicables aux voies ferrées et
non ferrées, à la conception de récipients pour l’industrie, de
revêtements en ciment et fer, de tuyaux et conduits, de maisons, etc. On
saisit la manière dont Monier fait évoluer ses inventions, ses rapports
avec les commanditaires et les raisons qui font que son nom reste peu
connu. La conclusion rappelant les successeurs du ciment armé, très
brève, contraste avec l’étude minutieuse sur Monier et aurait mérité
au moins un renvoi à une bibliographie sur le sujet.
Intérêt pour l’historien du chemin de fer : Monier dépose
en 1877 un brevet pour un système de traverses et supports en ciment et
fer applicables aux voies, chemins ferrés et non-ferrés. Un additif à
ce brevet, déposé en 1878 concerne l’application à la construction de
poutres, poutrelles pour ponts et passerelles. La manière d’exécuter
les traverses est perfectionnée par un additif à ce même brevet daté
de 1880.
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