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Gracia
DOREL-FERRE (sous la dir.), Atlas du patrimoine industriel de
Champagne-Ardenne. Les racines de la modernité Compte rendu par Joanne Vajda, avril 2006 Depuis
une trentaine d’années, l’étude du patrimoine industriel est devenue
une discipline à part entière, qui associe étude du bâti, analyse du
milieu géographique et social, connaissance des savoir-faire, des
processus techniques de la production et des modes de vie. Cet atlas, qui
rassemble les contributions d’une soixantaine d’auteurs, est le
résultat des travaux menés pendant quinze ans par l’Inspection
pédagogique régionale d’histoire-géographie, dans le cadre des
actions de formation de la MAFPEN, puis de l’IUFM. Ces travaux avaient
comme objectif de montrer l’utilité pédagogique des études portant
sur le patrimoine industriel. En 1997 a été créé l’APIC, Association
pour le patrimoine industriel de Champagne-Ardenne, grâce à laquelle
plusieurs colloques internationaux et publications ont vu le jour. Entre
2001 et 2003, un groupe de formation par la recherche s’est donné pour
objet de démontrer que le patrimoine industriel est un élément
constitutif de la conscience européenne. Autant dire que cet atlas a
été élaboré dans un contexte favorable, bénéficiant non seulement de
l’appui du Rectorat, mais aussi d’une forte participation de la
Région. Intérêt
pour l’historien des chemins de fer : quelques pages sont
consacrées au patrimoine ferroviaire de la région, présenté en
relation avec les ouvrages d’art dont la construction a été
nécessaire pour permettre le franchissement du relief accidenté. Les
auteurs rappellent l’existence des villes issues du rail, où des cités
pour cheminots ont été bâties sur des terrains agricoles, sans
véritable plan d’urbanisme. Il est aussi question du dépôt de
Troyes-La Chapelle-Saint-Luc (abandonné dans les années 1960) et des
deux gigantesques rotondes Eiffel, dont une a été détruite pendant la
Seconde Guerre mondiale et la seconde démantelée en 1950. A la lecture
de cet atlas, le patrimoine ferroviaire de la région ne semble pas avoir
fait l’objet d’une attention particulière en vue de sa sauvegarde.
Serait-ce le signe de l’oubli des « racines de la modernité » et de l’amnésie
qui nous guette ? --------------------------------------------------------- |