Rails et Histoire

Conférence. "Les gares, du monument au memento : l’exemple de la gare de l’Est à Paris", 18 novembre 2014

Dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, la Société d’histoire de Paris et de l’Île de-France et Rails et histoire ont proposé une conférence commune

Reçue par Rails et histoire le mardi 18 novembre 2014, la conférence a permis de rendre compte des travaux menés en commun par Rails et histoire, Histoire & Vies du 10e et le Cercle généalogique des cheminots devant un auditoire qui réunissait des membres de ces associations avec ceux de la la Société de l’histoire de Paris et de l’Île de France, co-organisateur.

Le titre choisi, "Les gares, du monument au memento : l’exemple de la gare de l’Est à Paris" a permis de faire converger les recherches sur les plaques commémoratives dans les emprises ferroviaires, en particulier le relevé épigraphique mené avec le Cercle généalogique des cheminots, « Lieux du souvenir dans les emprises ferroviaires », les résultats du programme d’événements "Gares en guerre" (septembre 2014), en particulier le colloque « Gares en guerre – Stations in Wartime, 1914-1918 » (Paris, 3-5 septembre 2014, dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale), et les recherches préalables aux réunions et publications encore à venir sur la mémoire des deux guerres dans le monde ferroviaire.

Écoute en ligne :

Résumé : La continuité apparente des gares dans le paysage des grandes villes, où si elles changent de visage elles changent rarement de place et restent des nœuds de communications à toutes échelles, des points de repère, de départ, d’arrivée et de rendez-vous, fait oublier leur rôle souvent déterminant dans les grands événements de notre histoire. La gare de l’Est à Paris et, dans une moindre mesure, la gare du Nord ont joué un rôle essentiel dans l’accès des combattants au front pendant la Grande Guerre, même si toutes les gares ont vu passer conscrits, mobilisés, corps constitués – mais aussi malades, blessés et corps rendus aux familles – et si les forces américaines ont construit leurs propres moyens d’acheminement et de logistique. Le souvenir de ce rôle, les sentiments, émotions personnels liés au lieu – séparations, souffrances, angoisses et incertitudes, joie, peine, deuil – s’y sont inscrits très rapidement au début des années 1920. La gare de l’Est, doublée en 1931, réaménagée en 2007, est devenue non seulement un lieu de cérémonies et de commémorations, qui persistent aujourd’hui, mais aussi un monument, avec en 1926 l’inauguration, inhabituelle, du tableau votif du peintre américain Albert Herter et, plus tard, l’aménagement d’une crypte et d’un étonnant mur où sont rassemblées des plaques dont la juxtaposition est fort difficile à comprendre pour les clients du centre commercial d’aujourd’hui. Désormais gare d’arrivée des trains à grande vitesse allemands, que nous dit-elle de son histoire et de notre mémoire partagée des conflits européens ?

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