Rails et Histoire

Baume & Marpent, De la Haine au Nil… Itinéraire d’un géant - Coll. (recueil de textes)

Bois-du-Luc (Belgique), Écomusée régional du Centre, 2006, 217 p.

Compte rendu par Joanne Vajda, juin 2006

Ce recueil d’articles a été publié dans le prolongement d’une exposition présentée du 15 mai au 31 octobre 2005 par l’Écomusée du Centre qui a pour mission la sauvegarde du patrimoine industriel. Cet ouvrage rassemble, grâce aux contributions d’historiens, d’historiens de l’art, d’architectes, d’ingénieurs et de spécialistes en constructions ferroviaires, des études concernant l’histoire de l’entreprise Baume & Marpent, qui a marqué jusqu’au milieu du XXe siècle le paysage industriel européen. Cette entreprise, fondée en 1853 à Haine-Saint-Pierre, devenue SA des Usines et fonderie de Baume en 1879, puis SA Baume & Marpent en 1882, agit comme une multinationale et s’implante même au-delà des frontières européennes, en créant des divisions en Egypte, au Congo belge et au Brésil. Spécialisée dans la construction ferroviaire, l’entreprise réalise des wagons et des locomotives, avant d’aborder la construction métallique en visant une standardisation efficace dont s’inspireront les pionniers de l’architecture moderne.
La publication se base sur l’étude de fonds d’archives conservés à l’Écomusée régional du Centre, sur les archives d’institutions publiques et sur des collections privées. Malheureusement, tous les aspects de l’histoire de Baume & Marpent ne peuvent être abordés en profondeur, faute de sources (telle, par exemple, la gestion du personnel de l’entreprise).
Intérêt pour l’historien des chemins de fer  : Michel Thiry analyse plus particulièrement le rôle de Baume & Marpent dans la construction ferroviaire. Au-delà de l’histoire d’entreprise, l’histoire de Baume & Marpent permet de saisir un pan de l’histoire ferroviaire en relation avec l’histoire régionale, en même temps qu’elle évoque plus largement l’évolution rapide de la société entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. L’étude de cette entreprise permet aussi d’attirer l’attention sur le patrimoine industriel belge, qui disparaît faute d’un travail de recensement précis et exhaustif. Ceci est évidemment l’occasion de nous interroger sur le devenir de notre propre patrimoine industriel. Son inventaire permet, sinon sa mise en valeur, du moins l’espoir d’une sauvegarde.

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